vendredi 10 juillet 2009

Jolie Princesse est née...

Depuis le 22 juin à 0:25, le bonheur a les dimensions suivantes: 3,950 kg pour 50 cm...

mercredi 24 juin 2009

"Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates" de Mary Ann Shaffer et d'Annie Barrows



Après avoir lu plusieurs critiques dithyrambiques dans diverses revues, j'ai fini par me laisser convaincre par Cathy de lire ce roman.


Il est vrai que le titre à lui tout seul est porteur de promesses: l'humour anglais et son excentricité m'ont toujours attirée et mes envies d'Angleterre étant très fortes en ce moment, je n'allais pas me priver. Ecrit par une ancienne bibliothécaire et libraire américaine (eh oui!), Mary Ann Shaffer, en collaboration avec sa nièce, Annie Barrows, ce roman épistolaire est drôle et émouvant. Sa forme peut laisser dubitatif au premier abord. Mais dès les premiers lettres les soupçons sont écartés: la vie est bel et bien là, le rythme est soutenu et on le dévore comme un roman policier: chaque lettre appelle la suivante.


L'action se situe en 1946. Juliet, jeune écrivain, a connu un petit succès en écrivant des chroniques pendant la guerre. Elle reçoit un jour une lettre de Guernesey: quelqu'un est en possession d'un livre qui lui a appartenu. Cette personne fait partie du "Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates", créé pour détourner l'attention des Allemands, occupants de l'île jusqu'en 1945. Au fil des correspondances de liens se créent et Juliet cherche à comprendre la vie sous l'Occupation de cette petite communauté si attachante.


Chaque aspect de la guerre est traité avec humour, sentiment et pertinence. J'ai beaucoup aimé ce détachement, ce recul face à l'horreur comme face aux événements anodins. Il n'y a rien de larmoyants dans ce livre et pourtant les choses ne sont pas prises à la légère. C'est vraiment un livre que je recommande.


Voici la première lettre reçue de Guernesey:


De Dawsey Adams, Guernesey
île Anglo-Normandes, à Juliet


12 janvier 1946


Miss Juliet Ashton
81 Oakley Street
Chelsea Londres SW3


Chère Miss Ashton,


Je m'appelle Dawsey Adams et j'habite une ferme de la paroisse de St. Martin, sur l'île de Guernesey. Je connais votre existence parce que je possède un vieux livre vous ayant jadis appartenu, les Essais d'Elia, morceaux choisis, d'un auteur dont le véritable nom était Charles Lamb. Votre nom et votre adresse étaient inscrits au verso de la couverture.


Je n'irai pas par quatre chemins: j'adore Charles Lamb. Aussi, en lisant morceaux choisis, je me suis demandé s'il existait une oeuvre plus vaste dont auraient été tirés ces extraits. Je veux lire ces autres textes. Seulement, bien que les Allemands aient quitté l'île depuis longtemps, il ne reste plus aucune librairie à Guernesey.


J'aimerais solliciter votre gentillesse. Pourriez-vous m'envoyer le nom et l'adresse d'une librairie à Londres? Je voudrais commander d'autres ouvrages de Charles Lamb par la poste. Je voudrais aussi savoir si quelqu'un a déjà écrit l'histoire de sa vie, et, si oui, essayer de m'en procurer un exemplaire. Pour brillant et spirituel qu'il était, Mr. Lamb a dû traverser des moments de profonde tristesse au cours de son existence.


Charles Lamb m'a fait rire pendant l'Occupation, surtout son passage sur le cochon rôti. Le Cercle des amateurs de littérature et de tourte aux épluchures de patates de Guernesey est né à cause d'un cochon rôti que nous avons dû cacher aux soldats allemands - raison pour laquelle je me sens une affinité particulière avec Mr. Lamb.


Je suis désolé de vous importuner, mais je le serai encore plus si je n'arrive pas à en apprendre davantage sur cet homme dont les écrit ont fait de moi son ami.


En espérant ne pas vous causer d'embarras,
Dawsey Adams


PS: Mon amie Mrs. Maugery a, elle aussi, acheté un pamphlet qui vous a jadis appartenu. Il s'intitule Le buisson ardent est-il une invention? La Défense de Moïse et des dix commandements. Elle aime votre annotation dans la marge "Parole divine ou contrôle des masses????" Avez-vous tranché?

lundi 22 juin 2009

"Le libertin" d'Eric-Emmanuel Schmitt





"Le libertin" est une pièce courte, une comédie libertine et légère, qui tourne autour du désir, de la séduction. Elle rappelle les "Liaisons dangeureux", la perversion en moins. Cependant, moi qui suis une grande fan de lecture de pièces de théâtre, je suis restée un peu sur ma faim. Je pense qu'elle mérite d'être vue jouée, incarnée, pour prendre vie et donner toute sa dimension.

vendredi 19 juin 2009

"Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur" d'Harper Lee



Oups! Je vois qu'on s'inquiète. Non, non, Jolie Princesse n'a pas encore pointé le bout de son nez. Elle laisse sa maman livre à loisir. D'ailleurs, merci au planificateur de billets qui va me permettre de vous conter mes dernières aventures littéraires la semaine prochaine alors que je serai amener à délaisser mon PC! ;)
"Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur" a pris place dans ma bibliothèque par hasard. Ce printemps, ma maman est venu en vacances avec ce livre sous le bras, l'a fini ici et me l'a laissé. Je crois que je n'aurais jamais fait le pas vers ce récit. Et cela aurait été dommage.


Couronné du prix Pulitzer en 1961, ce roman fait écho à la lutte pour les droits civiques des Noirs aux Etats-Unis. L'histoire est simple: "Dans une petite ville d'Alabama, à l'époque de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Avocat intègre et rigoureux, il est commis d'office pour défendre un Noir accusé d'avoir violé une Blanche." Outre son humanisme et sa pertinence, il séduit également par l'oeil porté sur le récit. En effet, c'est Scout, petite fille âgée de 7 ans, qui raconte l'histoire. Avec ses yeux d'enfants, le langage est simple, les souvenirs vivaces, les sentiments forts. Ce livre peut être mis entre toutes les mains, entre 10 et 90 ans, si j'ose dire. On peut le lire enfant, le prendre pour un roman initiatique et le reprendre des années plus tard, et comprendre sa portée politique à l'époque où il a été écrit. Ajoutez à cela que l'écriture est vive, qu'il se lit avec délice et vous comprendrez qu'il peut faire un parfait compagnon de vacances, pour ne pas bronzer idiot!


Voici un petit extrait: la nouvelle se repend qu'Atticus va défendre un Noir:


- Tu vas retirer ça, et vite!
Cet ordre que je donnai à Cecil Jacobs marqua le début d'une période pénible pour Jem et moi. Les poings serrés, j'étais prête à le frapper. Atticus m'avait promis que, s'il apprenait que je m'étais encore battue, il me ferait définitivement passer l'envie de recommencer; j'étais beaucoup trop grande pour m'adonner à de tels enfantillages et plus vite j'apprendrais à me contenir mieux ce serait pour tout le monde. Cela me sortit vite de la tête.
Ce fut la faute de Cecil Jacobs. La veille, il avait annoncé dans la cour de récréation que le père de Scout Finch défendait les nègres. Je niai, mais en parlai à Jem.
- Qu'est-ce qu'il voulait dire? demandai-je.
- Rien. Interroge Atticus, tu verras.
Ce que je fis le soir même.
- Tu défends les nègres, Atticus? lui demandai-je le soir même.
- Bien sûr. Ne dis pas "nègre", Scout, c'est vulgaire.
- Tout le monde dit ça, à l'école.
- Désormais, ce sera tout le monde sauf toi...
- Eh bien, si tu ne veux pas que je parle de cette manière, pourquoi m'envoies-tu à l'école?
Mon père me regarda, l'air amusé. Malgré notre compromis, depuis la dose que j'avais absorbée le premier jour, j'avais poursuivi, sous une forme ou une autre, ma campagne contre l'école: au début du mois de septembre, j'avais été frappée de faiblesses, de vertiges, de difficultés gastriques. J'allai jusqu'à payer dix cents le privilège de me frotter la tête contre celle du fils de la cuisinière de Miss Rachel qui souffrait d'une teigne spectaculaire. Mais cela ne prit pas.
J'avais cependant une autre occupation:
- Tous les avocats défendent les n... Noirs, Atticus?
- Bien sûr que oui, Scout.
- Alors pourquoi Cecil a-t-il dit que tu défendais les nègres? On aurait cru que tu faisais quelque chose d'illégal.
Atticus poussa un soupir.
- C'est simplement que je défends un Noir du nom de Tom Robinson. Il habite ce petit quartier qui se trouve au-delà de la décharge publique. Il fait partie de l'église de Calpurnia et elle connaît bien sa famille. Elle dit que ce sont des gens honnêtes. Tu n'es pas assez grande pour comprendre certaines choses, mais d'aucuns prétendent, dans cette ville, que je ne devrais pas me fatiguer à défendre cet homme. C'est un cas spécial, le procès n'aura pas lieu avant la session d'été. John Taylor a eu la gentillesse de nous accorder un report...
- Si tu ne devrais pas le défendre, pourquoi le fais-tu quand même?
- Pour plusieurs raisons, dit Atticus? La principale étant que si je ne le faisais pas je ne pourrais plus marcher la tête droite, ni représenter ce comté à la Chambre des représentants, ni même vous interdire quoi que ce soit à Jem ou à toi.
- Alors, si tu défendais pas cet homme, Jem et moi on n'aurait plus besoin de t'écouter?
- C'est à peu près cela.
- Pourquoi?
- Parce que je ne pourrais plus vous demander de faire attention à ce que je vous dis. Vois-tu Scout, il se présente au moins une fois dans la vie d'un avocat une affaire qui le touche personnellement. Je crois que mon tour vient d'arriver. Tu entendras peut-être de vilaines remarques dessus, à l'école, mais je te demande une faveur: garde la tête haute et ne te sers pas de tes poings. Quoi que l'on te dise, ne te laisse pas emporter. Pour une fois, tâche de te battre avec ta tête... elle est bonne, même si elle est un peu dure.
- On va gagner, Atticus?
- Non, ma chérie.
- Alors pourquoi...
- Ce n'est pas parce qu'on est battu d'avance qu'il ne faut pas essayer de gagner.
- Tu parles comme le cousin Ike Finch, dis-je.

lundi 15 juin 2009

En dilettante

"Pffff...."


Je sens que la semaine va être pauvre au niveau blog. Jolie Princesse commence à trouver son nid inconfortable et, même si son arrivée est prévue le 3 juillet, le grand monsieur en blouse blanche ne semble pas tout à fait d'accord. Et je partage son avis: je me traîne, je contracte, je respire et révise mes exercices de poussée. J'organise la valise, les valises plutôt: les affaires de la Miss, les miennes, celle pour le moment M du jour J, la liste des choses à ajouter au dernier moment (ne pas oublier l'appareil photo, les piles, les revues, mon armoire à cuillère et mon poêle à mazout...). Le Prince Charmant refait la liste des numéros de téléphone à appeler après, celui de ceux à appeler avant pour ne pas que Petit Bonhomme dorme à la maternité (oui, selon lui, un accouchement c'est forcément la nuit)... Avec tout ça, je passe de plus en plus de temps sur le canapé à lire qu'à pianoter sur le PC. Donc j'ai des billets en tête mais pas forcément de temps pour les écrire...


Quand je vous disais "Pffff...."